L’étonnant rebond d’APF Entreprises 64 par La République des Pyrénées

par Sep 29, 20210 commentaires

« L’entreprise adaptée connaît un développement fulgurant et recrute 100 salariés de plus, dont 80 en situation de handicap. »

« APF Entreprises 64, qui emploie plus d’une centaine de personnes, et le double dès l’an prochain, est devenue une référence en matière de productions textiles pour le milieu de la mode. »

 » C’est une véritable success story. Et qui, pour une fois, est quasi exclusivement placée au service de la cause des personnes handicapées sur le marché du travail. À Sauvagnon, discrètement (pour l’instant) installée près de l’aéroport, sur la zone économique du Bruscos, la société APF Entreprises 64, membre du réseau national APF France handicap, connaît un développement fulgurant, plutôt enviable en tout cas dans cette période de crise.

La situation va concrètement se traduire dans les effectifs : passée de 53 salariés il y a un an à plus d’une centaine aujourd’hui, l’entreprises qui recense 68% de travailleurs handicapés, en comptera… le double l’an prochain ! « Nous cherchons pour 2022 une centaine de personnes, dont 80 en situation de handicap, de l’ouvrier au titulaire d’un master » confirme l’heureux directeur qu’est Mohamed Ouahab.

À 65 ans, il entend « finir le job », mettre l’entreprise « définitivement sur les rails », visant notamment un chiffre d’affaires à 3M€ dès cette année. »

Carnet de commandes plein

            « Le carnet de commandes étant, comme on va le voir, plein à ras bord, APF Entreprises 64, qui figurera au cœur de la création d’un pôle textile national en mode éthique, va aussi se transporter non loin afin d’agrandir ses surfaces de travail.

            Moyennant un investissement de 4 M€, pour lequel une subvention est encore attendue, 2 600m2 de planchers (contre 1 000 à ce jour) sortiront de terre fin 2022 au sein d’un bâtiment à étage posé sur un nouveau terrain de 8 200m2. Bref, l’avenir s’annonce souriant. Et pourtant…

            L’irruption du virus, puis la mise à l’arrêt de toute la filière aéronautique, « nous ont mis en grandes difficultés », se souvient Mohamed Ouahab. « Mais finalement, cette crise nous a permis d’enclencher une ré-orientation très prometteuse ».

            Faute – pour l’instant – de contrats à honorer « pour Safran, Airbus… », les nouveaux marchés du textile ont, avec l’aide du siège national, été explorés en profondeur, pesant désormais 50 % de l’activité. La société béarnaise continue par ailleurs à assurer du traitement de données, des opérations de traduction et diverses tâches pour plusieurs clients de premier plan. Des « grands comptes » qui continuent à faire confiance à cet opérateur fermement engagé dans une démarche sociétale et citoyenne rigoureuse.

            L’ambiance visiblement détendue régnant au sein de cette véritable ruche, dans laquelle travaille une population très hétérogène, est un autre signe très fort envoyé à l’extérieur. »

Une référence d’ici 2024

            « Portée par le réseau national, la décision de création d’une filière textile, afin « de relocaliser des emplois durables », nous explique-t-on, servira aussi grandement les intérêts du site béarnais appelé à « jouer un peu le rôle d’un hub cra nous sommes les seuls installés dans le grand Sud-Ouest ». « APF va intégrer un consortium aux côtés de grands opérateurs, dans le domaine de la mode, du luxe », se félicite le directeur.

            L’objectif affiché : « Devenir un partenaire inclusif de référence de la mode éthique d’ici 2024, année qui verra Paris – capitale de la mode – organiser les Jeux Olympiques d’été « .

Des masques transparents

            « De grands noms, tels que Décathlon, Kiabi, mais aussi Lacoste, Yves Saint-Laurent, ou encore le Slip Français sont déjà dans la bouche. Les acteurs de la commande publique jouent par ailleurs le jeu puisque, dès l’an prochain, le ministère de la Santé devrait sensiblement augmenter ses volumes de commandes passées à Sauvagnon. Il s’agira de produire des vêtements destinés aux équipes hospitalières.

            Autre illustration de cette légitimité acquise à la force du poignet : la fabrication de très nombreux masques à visière transparente (1), utiles notamment aux personnes malentendantes qui voient ainsi la bouche de leur interlocuteur. 3 millions d’unités ont été produites pour le compte du ministère de l’Éducation nationale, mais également 600 000 à la demande de la Mairie de Paris. Et ce n’est pas terminé… »

 Gérard Cayron, journaliste chez la République des Pyrénées

(1) Lavable et anti-buée, cet outil de protection, labellisé, vaut 6€ pièce.

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